Un théâtre d’objets est un théâtre d’effigie où les objets prennent leur autonomie. Ils ont leur vie propre, ne sont plus accessoires de théâtre et deviennent des personnages.
Ce sont en général des objets à l’état brut, non transformés pour le spectacle : couverts de cuisine, selle de vélo, vieux poste de télévision ou de radio, tube de dentifrice, crayon, valise…
Des objets de notre quotidien sont ainsi détournés et animés par les artistes. Ils peuvent être manipulés directement ou à l’aide de contrôles, comme une marionnette. Le décalage avec l’utilisation quotidienne des objets crée des situations poétiques, burlesques ou humoristiques.
Ce terme de théâtre d’objet fut inventé en 1980 par Katy Deville pour définir une nouvelle pratique théâtrale face à de nouvelles préoccupations esthétiques et éthiques. Elle fonde alors avec Christian Carrignon la compagnie du “Théâtre de Cuisine“. Libéré du texte et débarrassé des conventions de la marionnette, il puise son inspiration et sa technique dans de nombreuses disciplines artistiques : les arts plastiques bien sûr mais aussi la danse et la musique. L’artiste détourne des objets ordinaires de leur contexte habituel, les façonne, les assemble, les bricole, les démonte…
Si la plupart des comédiens et metteurs en scène des différents théâtres d’objet sont issus de l’univers de la marionnette, les précurseurs du mouvement sont plutôt des plasticiens. Porteur d’un univers, d’une idée, d’une image, l’objet connu de tous permet de changer de lieu ou de temps instantanément. Par le jeu des associations d’images, le théâtre d’objets, toujours visuel, ouvre un angle neuf sur notre quotidien et réussit le pari d’inventer un nouveau langage, une nouvelle grammaire pour raconter des histoires. Ce théâtre avare de mots, parle à notre mémoire, à nos expériences et à nos souvenirs. Il renvoie le spectateur à ses émotions. Le théâtre d’objets est une forme de théâtre contemporain, inclassable, il ouvre une réflexion sur nos modes de consommation.






