Claquez des doigts et laissez-vous submerger par l’énergie des chants Gospel qui ont su inspirer les courants musicaux de la Soul, du Rythm and Blues et de nombreux orchestres de jazz

Musique puissante, émouvante, chant porteur d’espoir et de liberté, vecteur de valeurs intemporelles et universelles de respect et tolérance, il touche un large public, croyants et non croyants…

Noël est propice à faire descendre dans la rue la chorale Gospel, mais au-delà de l’expression d’une foi chrétienne, c’est avant tout une mémoire collective universelle : un hommage rendu aux luttes du peuple noir opprimé.

L’histoire du Gospel s’enracine dans celle de son ancêtre : le Negro Spiritual. Dans l’Amérique du XVIIIème siècle avec la déportation de millions d’Africains par le Vieux Continent pour le commerce et l’esclavage, la rencontre des cultures Africaines et Européennes va créer une véritable épopée musicale.

Pour rythmer le travail pénible et difficile dans les champs, les esclaves noirs pratiquent les Work Songs (chants de travail). Avec une prépondérance du vocabulaire religieux, sans accompagnement, ces chants restent simples et clandestins. L’accompagnement musical se fera graduellement : grâce aux outils de travail (marteau, pioche…), puis avec des tambours, flûtes de roseau, au gré de la toute relative tolérance des peuples colonisateurs.

Les Negro Spirituals sont souvent chantés a cappella par un groupe vocal et ce n’est qu’à partir des années 1870 que les instruments apparaitront : orgue, harmonium, instruments à cordes… Après la guerre de sécession, l’esclavage fait place à la ségrégation raciale : la naissance du Ku Klux Klan renforcera l’expression d’une lutte toujours aussi dure pour des droits fondamentaux, pour l’éducation et l’enseignement. Les premiers établissements universitaires noirs en Virginie ou dans le Tennessee, formeront des ensembles vocaux et diffuseront ces chants à travers le monde. La musique afro-américaine intéresse le public blanc : le Negro Spiritual va laisser place au Gospel. Le terme Gospel venant de “God / Spell” : parole de Dieu.

Les Quartets vocaux : soliste, ténor, baryton et basse, inspirés des Barbershop Singers, se réunissaient dans l’échoppe du coiffeur. Le plus connu d’entre eux est le Golden Gate Quartet fondé en 1934. Les femmes ne rejoindront les formations de Gospel qu’après la seconde guerre mondiale. Deux styles apparaissent : “Jubilée” (harmonies élaborées et interprétation retenue) et le “gospel” (expressif, tradition vocale africaine). Dans les années 1920/30, la naissance de l’industrie du disque va favoriser leur popularité, en Amérique et dans le monde entier.