Au son d’un simple accordéon ou d’une guitare, le chanteur de rue enchaîne les rengaines. Sa voix, sa personnalité originale et extravertie font partager son amour de la chanson
Au contact du public il peut souvent, par son seul talent, improviser une chorale.
Pour un marché du terroir ou un marché de Noël, lors d’une brocante ou d’une foire, le chanteur de rue renoue avec la tradition. Il revisite le répertoire populaire d’hier (et d’aujourd’hui) : Mon Amant de St Jean, La Java Bleue, A Paris, Les Feuilles Mortes, Le Temps des Cerises, La Chanson de Prévert, Le Petit Vin Blanc… autant de titres qui ravivent les souvenirs et amènent les anciens à se raconter.
Les chanteurs de rue étaient encore très populaires dans l’Entre-deux-guerres. Véritables marchands de musique ambulants, ils assuraient la diffusion des titres, vendant les partitions sur les marchés en fredonnant les chansons.
Comme descendant des ménestrels, à partir du XVIIe siècle, le marchand de chansons ou crieur de chansons nouvelles gagne sa vie en vendant les textes et partitions de son répertoire. Au début du XIXe siècle, la législation sur les métiers de la rue à Paris va se faire plus pressante au fil du temps : leur nombre sera soumis à un quota, les emplacements fixés à l’avance et les recueils de chansons devront être soumis au préalable aux autorités. Fin XIXe siècle, des autorisations temporaires d’exercer vont remplacer les emplacements fixes. Les chanteurs de rue, rejetés dans les faubourgs, cesseront de vendre les partitions et chanteront pour recueillir quelques sous jetés des fenêtres.
Un Syndicat sera créé au tout début du XXe siècle passant des accords avec les éditeurs de musique. Les chanteurs de rue se feront alors diffuseurs, touchant des commissions sur leurs ventes. Ils distribueront des éditions de rue comprenant plusieurs chansons. Certaines faisaient écho à l’actualité en parodiant des airs connus. Le chanteur de rue est alors parfois accompagné d’un ou plusieurs musiciens et souvent d’un bonimenteur qui attire les badauds des lieux de passage : stations de métro ou sorties d’usine.
Après la seconde guerre mondiale, une trentaine de groupe va subsister en continuant d’animer les rues de la capitale, en particulier foires et marchés. Ils assureront le succès de certains titres entrés aujourd’hui dans notre patrimoine musical. A partir des années 1950, la pratique artistique va connaitre un véritable déclin. Le développement de la radio, du disque puis de la télévision, l’automobile rendant la rue moins hospitalière et les nouveaux modes de vie vont porter un coup presque fatal au chanteur de rue.

