Si autrefois le contorsionniste se produisait uniquement dans les cirques ou foires, aujourd’hui il reste très prisé dans les cabarets, music halls et boites de nuits. Sur le petit écran, il est même désormais le numéro incontournable de certaines émissions de variétés. Et bien sûr, il se produit hors les murs…

En duo, en solo, ou en aérien, les contorsionnistes offrent une grande diversité dans leurs spectacles.

La contorsion basée sur des mouvements de flexion et d’extension extrêmes du corps humain, nécessite une importante souplesse, une aptitude physique souvent naturelle, associée à un long et douloureux entraînement qui commence dès l’enfance. Pour les figures les plus répandues, la plupart des contorsionnistes se plient soit vers l’avant soit vers l’arrière . Il est rare qu’un même contorsionniste puisse réaliser les deux ; son numéro sera alors considéré comme très abouti. Parmi les postures les plus spectaculaires, citons celle où le contorsionniste replie la totalité de son corps dans un espace à priori trop petit pour lui.

Le numéro de contorsion est avant tout un art visuel : les costumes, la chorégraphie et la musique vont jouer un rôle essentiel pour donner au numéro une atmosphère particulière. En fonction de la personnalité de l’artiste ou du public, le spectacle se fera athlétique, poétique, érotique ou humoristique. Un contorsionniste peut se produire seul ou être accompagné par un ou deux assistants, voire travailler en groupe de quatre ou cinq, chacun exécutant alors des figures différentes. Certains numéros verront une contorsionniste portée par un acrobate pour exécuter ses figures sur fond musical. Le contorsionniste peut également être manipulé par ses équipiers et donner ainsi l’illusion d’une poupée de chiffon. D’autres artistes vont préférer réaliser des évolutions aériennes, suspendus à des anneaux ou cordes. Enfin, le contorsionniste utilise parfois des agrès dans son spectacle tels les cerceaux et peut mêler le jonglage à son numéro.

Depuis toujours, les contorsionnistes (par leurs dispositions naturelles exceptionnelles et par la méconnaissance de l’anatomie humaine à l’époque) ont alimenté bien des fantasmes et des mythes, entourant ainsi cet art d’une dimension mystérieuse. Très pratiqué en Asie et plus particulièrement en Mongolie, il s’inscrit dans une culture de la maîtrise du corps. En Mongolie, les enfants entrent dans des écoles spécialisées dès l’âge de cinq ou six ans et les plus talentueux pourront échapper à leur condition sociale en se produisant par la suite dans des cirques occidentaux.