Le feu d’artifice, visuel de couleurs, de sons et de formes, met la nuit en fête.
En spectacle seul ou en appui d’un évènement, la composition pyrotechnique classique s’agrémente d’effets de lumières, d’eau et de musique. Elle s’adapte au budget alloué pour le prestige de l’évènement. Chaque création pyrotechnique est une mise en scène originale de teintes rythmées où s’ajoutent parfois des feux de Bengale.
Initialement réservé aux festivités officielles et aux célébrations, dans les années 70-80 de nombreux groupes rock commencent à utiliser des feux d’artifices lors de leurs concerts, en plus des autres effets pyrotechniques. Le principe du feu d’artifice repose sur la combustion de la poudre noire originelle contenant un composé oxydant (nitrate, chlorate ou perchlorate) qui libère de l’oxygène et un composé réducteur (le soufre et le carbone mélangé à des métaux) qui sert de combustible.
Marco Polo importa cette poudre noire en Europe au 12ème siècle suite à son voyage en Chine. Les chinois avaient fait la découverte d’un produit naturel abondant, le salpêtre, constitué essentiellement de nitrates. Ils mirent rapidement au point une poudre noire, qu’ils utilisèrent pour les festivités sous forme de pétards ou de fumées. Les Byzantins dès le 7ème siècle vont également utiliser le salpêtre en l’ajoutant aux feux grégeois durant les batailles navales. Le mélange particulièrement inflammable qui brûle même au contact de l’eau, produit alors une fumée épaisse et une explosion bruyante destinée à faire reculer l’ennemi. À partir du 13ème siècle, les Arabes s’emparent du secret de la poudre noire et utilisent le principe des feux grégeois lors des batailles terrestres. Alchimistes de talent, ils vont mettre au point une préparation rigoureuse, en purifiant le salpêtre. Les poudres deviennent vives et produisent ainsi des explosifs déflagrants, pouvant propulser des projectiles dans un tube à grande vitesse.
Les premiers spectacles pyrotechniques ont été appelés feux d’artifice pour indiquer qu’ils n’étaient pas naturels. Dès le 16ème siècle, ce procédé a été employé en France lors de fêtes pour animer des dragons crachant le feu et le premier vrai feu d’artifice fut tiré sur la Place des Vosges, à Paris, appelée alors Place Royale, pour le mariage d’Anne d’Autriche avec Louis XIII en 1615. Particulièrement à la mode au 18ème siècle pour se raréfier par la suite car il était jugé trop coûteux, ce n’est que sous le 1er puis le Second Empire que la France va renouer avec la tradition des fêtes pyrotechniques. En 1880, la fête nationale du 14 juillet adoptera de façon officielle les feux de Bengale comme symbole des réjouissances.
A partir du 17ème siècle, les Suisses auront l’idée de produire la poudre noire en granules, ce qui va offrir plus de stabilité à  la vitesse de combustion ainsi qu’une combustion plus rapide. Cette nouvelle avancée permettra de contrôler la hauteur, la forme produite et enfin la couleur émise. Les couleurs sont obtenues en incorporant des sels métalliques. Avec les progrès de la chimie, les feux d’artifices étaient principalement jaunes, oranges ou blancs. Le rouge et le vert vont apparaitre à la fin du 19ème tandis que les bleus et les violets sont plus récents.





